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Visite de Pierre Jacquemot
Ambassadeur de France en RDC

1er mars 2010

France
L’ambassadeur de France en RDC, Pierre Jacquemot, était en visite à Bukavu en ce début de semaine.

Au programme : visite de l’hôpital de Ciriri, conférence-débat à l’UCB - Université Catholique de Bukavu, et même, une remise de la Légion d’honneur…

Lundi 1er mars 2010, soir, c’est d’abord un cocktail qui avait été organisé à la résidence du Consul honoraire de France à Bukavu, Ghislain de Candolle.

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Lors de cette soirée et après avoir retracé les principaux évènements du parcours assez remarquable de cet homme que l’on a l’habitude de surnommer « urebuka » ( né et a grandi à Bukavu ), l’ambassadeur lui a remis le très prestigieux insigne de la Légion d’honneur. En France, il s’agit de « la plus haute décoration honorifique qui récompense les mérites éminents, militaires ou civils, rendus à la Nation. » (wikipédia)

Le lendemain, l’ambassadeur s’est rendu à Ciriri où il a pu visiter un projet d’installation d’un éclairage par panneaux solaires financé par la France.

Ce mardi, 2 mars, après-midi, il a également animé une conférence-débat à l’Université Catholique de Bukavu, à propos de la contribution de son pays à la reconstruction dans les pays des Grands Lacs. Une conférence qu’il a débutée en faisant remarquer que la France n’avait dans cette région aucun intérêt économique de type « impérialiste » mais que si elle s’intéressait et s’impliquait autant dans ce territoire, c’était dans le but de « trouver enfin une paix durable, qui serait bénéfique à l’ensemble de l’Afrique ». Selon lui, cette crise au Kivu, meurtrière et destructrice en apparence seulement, est en réalité organisée selon une logique maffieuse.

Il a commencé par rappeler les quatre points fondamentaux exprimés précédemment par le président Sarkozy en mars dernier, à savoir : le rétablissement de la sécurité et de la protection de la population, la réconciliation inter- et intra- communautaire, la recherche du dialogue et la relance de la coopération régionale.

Il a enchaîné en exposant « les quatre facteurs le plus souvent mis en avant pour expliquer les causes d’un conflit » : le déficit de gouvernance et de démocratie, le déficit économique, une communication sociale défectueuse et enfin le déficit en infrastructures. Mais selon lui, il existe des facteurs supplémentaires au conflit actuel dans la région particulière des Grands Lacs comme la situation démographique et économique, la pression sur les terres, les convoitises sur les ressources minérales, les armes, ou encore la rumeur comme facteur amplificateur du conflit.

Le diplomate français pense que tout doit se faire en même temps : renforcer la sécurité, assurer la réinsertion par l’économie (le travail étant, selon lui, un « puissant antidote à la guerre »), briser les reins de l’économie minière frauduleuse, restaurer l’Etat dans ses fonctions essentielles, organiser le commerce, etc.

Selon lui, cette reconstruction doit aussi passer par une collaboration des trois pays membres de la CEPGL (Communauté Économique des Pays des Grands Lacs).

« L’histoire montre que le temps de reconstruction est égal au temps du conflit. » Il faudra donc encore du temps pour soigner les plaies, mais il ne faut pas se décourager nous dit-il. « La réconciliation entre la France et l’Allemagne après la seconde guerre mondiale a pris du temps aussi, et pourtant nous y sommes arrivés ! »

L’ambassadeur appelle donc à la persévérance et à l’action, ingrédients indispensables à la reconstruction d’une « région viable ».

Il a clôturé son séjour à Bukavu mercredi fin d’après-midi par une visite à l’Alliance française.

Le président de l’Alliance a remercié l’ambassadeur pour sa contribution aux dernières réalisations : la rénovation de la salle de spectacle, l’implantation de ressources pédagogiques et l’implantation à Goma d’une antenne de l’Alliance française.

Depuis quelques mois, il est vrai que l’Alliance évolue de façon remarquable et ses activités (cours de français, de swahili, d’informatique etc.) connaissent un essor important. L’ambassadeur s’en est réjoui en rappelant que la culture constituait aussi un vecteur important de paix: « Nous avons besoin de la culture, car elle est aussi un moyen de favoriser la paix ! ».

Il faut enfin noter que l’ambassadeur vient d’effectuer 3 visites en moins de 9 mois en vue de se rassurer de l’état d’avancement du niveau sécuritaire autour du parc national Kahuzi Biega, qu’il aime bien.

Perrine Collard
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